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Mercier-Est : un quartier en quête d’identité?

Politique, Vie de quartier
L'assemblée générale annuelle de Solidarité Mercier-Est s'est déroulée le 5 juin dernier. (photo : Anne-Marie Tremblay)
L’assemblée générale annuelle de Solidarité Mercier-Est s’est déroulée le 5 juin dernier. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Comment définir le quartier et, par le fait même, le mettre sur la carte? C’est la question qu’a posée l’équipe de la table de concertation Solidarité Mercier-Est (SME) à ses membres lors de son assemblée générale annuelle qui s’est déroulée le 5 juin dernier.

Une réflexion amorcée d’abord par le conseil d’administration, a expliqué sa présidente, Anne-Marie Blais, du Collège Mont-Royal. « L’idée au départ, c’était vraiment de définir qui nous sommes et ce que nous voulons pour le quartier. Une façon de développer un environnement intéressant pour les résidants, les organismes, le milieu, etc. »

Si cette question n’est pas nouvelle, l’équipe de SME s’est alliée avec La Boîte de Comm pour mener cet exercice stratégique. « Nous avons rencontré plusieurs personnes, ce qui nous a permis de constater que le sentiment d’appartenance est souvent déficient dans le quartier », a expliqué Richard Messier, consultant et président de la firme. Lors de l’assemblée générale annuelle, les représentants des groupes sur place se sont réunis pour réfléchir à cette thématique.

Si les résultats de l’atelier seront révélés plus tard en juin, certains points sont revenus lors des discussions, comme la proximité du fleuve, le fait que peu de gens se reconnaissent avec l’appellation Mercier-Est et l’idée d’un joyau méconnu qui compte plusieurs richesses à découvrir. L’objectif de ce remue-méninges est d’augmenter la notoriété du quartier et d’en faire connaître ses atouts.

1001 projets

L’assemblée générale annuelle a aussi permis à l’équipe de SME de faire le point sur les différents projets menés cette année et sur ceux qui seront à l’horaire en 2017-2018. Parmi les dossiers à suivre : le réaménagement de l’intersection Honoré-Beaugrand et Souligny. Depuis plusieurs mois déjà, les employés tentent de faire des représentations auprès de la Ville de Montréal pour faire modifier ce coin de rue jugé dangereux. Sans succès jusqu’à maintenant.

L’implantation du projet Mercier-Est en réseau, qui permettra de cibler les gens ayant besoin d’un coup de pouce, mais qui passent à travers les mailles du filet, sera aussi à l’ordre du jour pour l’année qui vient. L’inauguration du pôle culturel et de la place des générations, deux sites installés dans l’entrée de quartier, est également prévu au mois d’octobre prochain.

Une soirée sous le signe électoral

Fait rare, le maire Réal Ménard a été présent pendant la majeure partie de l’assemblée générale annuelle de SME. Il est intervenu sur le dossier du centre récréo-sportif, affirmant qu’une deuxième phase n’était pas à l’horaire à court ou moyen terme, à moins de la mise sur pied d’un programme de la ville-centre en ce sens. Il s’est dit « très déçu » qu’une table de concertation « se comporte comme un groupe de pression », faisant référence à une prise de position de SME à ce sujet.

Une question d’équité, selon lui. Comme le rapportait notre article, il a rappelé que lors de son mandat de 2009, il a réalisé la piscine Annie Pelletier dans Mercier-Est. Le mandat de 2013 a servi à doter le sud-ouest d’Hochelaga-Maisonneuve d’un centre communautaire, alors que les services de  loisirs de ce secteur sont les seuls de l’arrondissement à devoir mener leurs activités dans un sous-sol d’église. Pour la prochaine élection, « il serait légitime que ce soit le tour de Mercier-Ouest », a-t-il ajouté.

Il a également plaidé que Mercier-Est a bénéficié de 32 M$ en investissement depuis 2009, ce qui s’avère supérieur aux autres districts. De plus, le maire a expliqué que les coûts d’entretien de la piscine s’élevaient à 1,1 M$ par année, alors que ceux du futur centre communautaire coûteraient plutôt 200 000 $, ce qui explique en partie l’instauration d’une taxe locale. Réal Ménard en a appelé à la solidarité entre les différents secteurs de l’arrondissement.

Pour Émilie Auclair, directrice générale de SME, porter les revendications de Mercier-Est est légitime et ne constitue pas un geste contre les autres tables de quartier. « Notre mission est de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des gens d’ici à partir des besoins exprimés collectivement. Nous exprimons ces besoins (dans le dossier du centre récréosportif). »

Une sortie qui arrive alors que SME tente de mobiliser les citoyens autour de cet enjeu. D’ailleurs, l’équipe a déjà mis en ligne un sondage pour connaître les besoins des résidants en matière d’infrastructures de sport, de loisirs et d’activités sociocommunautaires. Les résultats seront ensuite présentés aux différents candidats lors de la prochaine campagne électorale municipale, pour qu’ils prennent position.

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