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Des baisses d’impôts sur le dos des malades, des élèves et des aînés

Politique
(Photo: Wikipedia)

C’est avec un sans-gêne absolu, d’autres parleraient de cynisme, que le gouvernement de Philippe Couillard nous a annoncé cette semaine une baisse d’impôts de 1,1 milliard de dollars, le tout rétroactif au 1er janvier 2017.

Au Parti Québécois, nous avons dénoncé le stratagème libéral qui aura consisté à priver le Québec de services fondamentaux au cours des trois dernières années pour, aujourd’hui, redistribuer l’argent pris aux contribuables, aux malades et aux élèves, dans Bourget et ailleurs au Québec.

Les réinvestissements annoncés dans les services publics, quelque 125 millions en santé et en éducation,  sont très très loin de ce qui a été coupé au cours des dernières années. Les enfants qui ont été privés des professionnels dont ils avaient besoin pendant tout ce temps pourront difficilement rattraper leur retard; ces élèves ont été sacrifiés. La misère dans laquelle ont été laissés plusieurs de nos aînés, tel que l’a dénoncé à maintes reprises la protectrice du citoyen, ne sera pas effacée par les réinvestissements nettement insuffisants.

Aussi, à l’évidence, nous venons d’assister au déclenchement officiel de la campagne électorale libérale sous le sceau des impôts payés par les contribuables et par les coupes draconiennes des trois dernières années effectuées dans les services.

Selon les économistes de l’Observatoire des conséquences des mesures d’austérité au Québec, ce sont entre 3 et 4 milliards de dollars de compressions qui ont été effectuées, des mesures répertoriées dans tous les secteurs et dans toutes les régions du Québec.

À deux reprises, en 2015 et 2017, la Protectrice du citoyen a mentionné, dans deux rapports, que les compressions du gouvernement se sont faites au détriment des citoyennes et des citoyens, principalement auprès des plus vulnérables. En 2015, un premier rapport  soulignait, entre autres, que les aînés ont été victimes de réductions d’heures de services en soutien à domicile, avec en prime un épuisement des proches aidants, une situation qui m’a souvent été décrite dans Bourget. On y faisait également mention de directives imposant une réduction des indemnités aux accidentés du travail, tout cela pour faire des économies. Des victimes d’actes criminels ont également été privées de certains bénéfices prévus à la loi. Même constat au chapitre des services en santé mentale et auprès des élèves présentant un trouble du spectre de l’autisme. La liste est longue et bien documentée.

On se souviendra aussi des milliers de parents qui ont formé des chaînes humaines autour des écoles et des centres de la petite enfance pour démontrer leur attachement au réseau public en éducation, un réseau malmené par les compressions affectant les services aux  enfants et aux élèves.

Même diagnostic en 2017, sur le plan du soutien à domicile et sur celui de la lutte à la maltraitance. Bref, les impacts relatifs à ces politiques d’austérité ont été majeurs et ils ont fait mal à des familles et des personnes âgées de Bourget comme de partout ailleurs sur le territoire du Québec.

Aujourd’hui, le premier ministre  Philippe Couillard soulève un écran de fumée face à la population en s’imaginant qu’elle a encore confiance en celui qui a laissé tomber leurs enfants et leurs parents au cours des trois dernières années. Même chose lorsqu’il omet de leur dire qu’avec le peu qu’on nous annonce pour la santé, il y aura toujours plus d’argent pour augmenter le salaire des médecins que pour le développement des soins aux patients.

Pour ce gouvernement, c’est trop peu, mais surtout trop tard…

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