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Cour de voirie : un débat qui polarise

Économie, Immobilier
La soirée d'information du 30 novembre a dû se dérouler à la bonne franquette, parce que la salle prévue au départ n'était pas assez grande pour accueillir tous les citoyens. (photo : Les Badauds de Mercier-Est)
La soirée d’information du 30 novembre a dû se dérouler à la bonne franquette, parce que la salle prévue au départ n’était pas assez grande pour accueillir tous les citoyens. (photo : Les Badauds de Mercier-Est)

Si plusieurs citoyens se sont prononcés contre le développement immobilier et commercial prévu sur les terrains de l’ancienne cour de voirie, plusieurs voix se sont aussi élevées en faveur de ce projet d’envergure lors de la soirée d’information du 30 novembre dernier.

Rappelons que ce projet, qui prévoit la construction de 325 unités d’habitation ainsi qu’un espace commercial, sera érigé sur les terrains de l’ancienne cour de voirie municipale, situés entre les rues Honoré-Beaugrand, Hochelaga, Souligny et le parc Germaine-Pépin. Un dossier qui ne fait pas l’unanimité, alors que 196 personnes ont demandé un référendum sur ce projet. Les élus, qui ont jusqu’au 5 décembre pour trancher, ont donc convoqué une rencontre pour comprendre les préoccupations des citoyens.

Plusieurs d’entre eux se sont succédé au micro pour dénoncer le projet dans sa forme actuelle, qu’ils jugent trop dense pour Mercier-Est. En effet, au total, ce seront 325 unités qui seront construites sur le terrain. Une condition imposée par la Ville dès les débuts du projet, qui remonte à 2011. C’est à cette époque que la Ville a décidé de déménager la cour de voirie Honoré-Beaugrand jusqu’à celle de Dickson, à coût nul, a rappelé Réjean Boisvert, chef de division de l’urbanisme à l’arrondissement. « Nous avons donc mené des études pour déterminer quel serait le seuil de viabilité financière pour ce projet et c’est ce qui nous a permis d’établir le nombre d’unités », a-t-il expliqué.

Au fil du temps, l’avenir de ce terrain a aussi fait l’objet de plusieurs consultations auprès des différents intervenants, commerçants, groupes communautaires et citoyens, a-t-il également expliqué. Ainsi, plusieurs aspects des plans ont été ajustés en fonction des critiques formulées. « Initialement, on prévoyait 150 stationnements extérieurs, ce que les citoyens n’appréciaient pas. Ils sont désormais à l’intérieur, tout comme les zones de livraison des camions », a précisé le chef de division.

Des résidants y avaient aussi exprimé leurs craintes quant à la hauteur des bâtiments, de six étages, alors que la limite dans le secteur se situe plutôt à trois. À ce sujet, les promoteurs ont prévu mettre les étages cinq et six en retrait pour les immeubles longeant la rue Honoré-Beaugrand, permettant d’atténuer l’effet de tour à condos. Une solution qui ne semblait toutefois pas faire l’unanimité. « On ressent une certaine frustration qui est due au fait qu’on se croit en démocratie. Pourtant, lors des rencontres de 2012, nous avions clairement exprimé que quatre étages, c’était suffisant. Alors, pourquoi ne pas avoir modifié le tout ? », a lancé une citoyenne, faisant écho à plusieurs autres critiques du genre entendues pendant la soirée.

Densifier sans accroître les problèmes de circulation ?

L’arrivée d’un grand nombre de résidants fait aussi craindre une augmentation de la circulation sur la rue Honoré-Beaugrand. Un problème déjà important dans ce secteur. Sur cette question, la conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde, a expliqué qu’une importante étude de circulation serait menée durant la prochaine année. « Cela nous permettra de dresser un portrait réel de la situation et de trouver des solutions. » Elle a toutefois mentionné qu’il faudrait attendre la fin des travaux, notamment autour du métro Honoré-Beaugrand, pour lancer le tout.

Autre point qui a fait sourciller les résidants : le fait que les entrées des stationnements et l’aire de déchargement intérieure des camions soient situées rue Honoré-Beaugrand. Il reste aussi toute la question du réaménagement des jardins communautaires qui se trouvent sur le terrain, actuellement en friche. Pour le moment, plusieurs scénarios sont sur la table, mais aucune solution n’a encore été adoptée.

Un vecteur de revitalisation urbaine

Si les critiques exprimées étaient claires, plusieurs citoyens ont également signifié leur appui au projet. « Pour construire une ville, il faut faire des choix. Avant, vous aviez un garage municipal sur Honoré-Beaugrand. Ce sera remplacé par des espaces verts, un marché d’alimentation de plus grande surface, etc. Le projet n’est peut-être pas parfait, mais cela prend une certaine densité pour faire vivre les commerces », a expliqué Yves Émond, architecte qui a travaillé sur les plans du promoteur, EJP Construction.

Un point de vue partagé par plusieurs, y compris Serge Godin. Le propriétaire du IGA de la rue Hochelaga, qui aimerait bien s’installer dans le nouveau développement, a livré un long plaidoyer sur la vitalité que pourrait apporter un tel projet. Selon lui, la rue Hochelaga a grandement besoin d’un coup de pouce pour renaître de ses cendres. D’autant que de nombreux commerces s’installeront sous peu dans le Faubourg Contrecœur. Il y a donc urgence d’agir, selon lui, même si les plans ne sont pas parfaits. « Car, si jamais on retarde trop, ou si on ne va pas de l’avant, des commerces barricadés, vous allez continuer d’en voir de plus en plus. Plusieurs me disent que, même si on retarde le projet, je serai toujours là. Mais ce n’est pas garanti.  »

En savoir plus
Pour voir la présentation du projet par l’arrondissement

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