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En faveur d’un moratoire sur les Shoebox

Immobilier, Politique
Mercier-Est compte plusieurs maisons de type Shoebox qui alimentent le débat ces jours-ci. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Mercier-Est compte plusieurs maisons de type Shoebox qui alimentent le débat ces jours-ci. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Dans une lettre ouverte qui sera envoyée aux médias nationaux sous peu, l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve réclame un moratoire pour les maisons de type Shoebox, ces unifamiliales qu’on retrouve dans plusieurs quartiers montréalais, y compris dans Mercier-Est.

La missive écrite par l’Atelier d’histoire circule actuellement dans les organismes de protection du patrimoine et les sociétés d’histoire afin de faire le plein de signatures. La lettre, cosignée par la Fédération Histoire-Québec, sera ensuite envoyée aux médias.

« Suite aux articles parus dans le journal Le Devoir et La Presse la semaine dernière sur les maisons du Boomtown, dites Shoebox, nous sommes en faveur d’un moratoire pour la protection de ces petites maisons, expression de la débrouillardise des familles ouvrières montréalaises. Sans revenir sur les origines bien décrites dans ces articles, il est important pour nous de revenir sur ce patrimoine. Qu’on le veuille ou non, ces petites maisons d’un étage avec ou sans cave rappelant l’ancêtre du bungalow québécois constituent une partie incontournable du passé ouvrier et du paysage urbain montréalais.

Nous sommes actuellement dans une période post-industrielle où ce patrimoine est ciblé comme une mine d’or pour certains promoteurs immobiliers. Ces terrains faciles d’accès et peu chers permettent à ces derniers de construire des condos de trois étages tout en bénéficiant, dans certains cas, de dérogations pour y construire un 4e étage en retrait de la rue afin de profiter de la souplesse de certaines règles du plan d’urbanisme. Pour d’autres, c’est une occasion en or d’augmenter le nombre de résidents et de payeurs de taxes à Montréal. Ne vous y trompez pas, les taxes même réparties sur le nombre, ne baisseront pas pour autant. Ce n’est donc pas un argument en faveur de leur disparition.

Prenons l’exemple des maisons appelées maisons des vétérans, qui sont en réalité des maisons du temps de la guerre (construites par la Wartime Houses Ltd, ancêtre de la SCHL), car elles ont été construites dès 1941 pour les familles travaillant dans les industries de guerre. Ces petites maisons sont en train de disparaître, rien n’étant fait pour protéger ces témoins importants de notre rôle dans l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Elles disparaissent suite à des transformations, tels les agrandissements, l’ajout d’étages, changement de parement qui, à la longue, les rendent méconnaissables. Une expérience de PIIA (Plan d’implantation et d’intégration architecturale), fut tentée sans succès au milieu des années 2000 car trop de ces maisons ont été transformées. Les propriétaires visés se sont opposés avec raison : Pourquoi moi et pourquoi pas les voisins ?

Les Shoebox constituent une valeur ajoutée pour les couples et les familles qui n’ont pas accès aux condos et copropriétés. Plus accessibles, elles offrent des avantages inestimables: indépendance, accessibilité, son chez-soi, sa cour, son jardin en ville. En somme, ces maisons devraient même avoir accès à un programme d’aide pour leur mise à niveau quand cela est possible. Elles représentent une fierté du passé ouvrier qu’on a tendance à cacher ou à négliger encore une fois. Fierté où es-tu ? Enfin, soyons cohérents avec le cadre de la politique du patrimoine de la Ville de Montréal, il est donc incontournable de protéger ces maisons. Bien sûr, certaines de ces maisons sont à l’abandon (faudra surveiller certains propriétaires quant à leurs responsabilités d’entretien), et sont si mal en point qu’il n’y a d’autres choix que de les démolir et de les remplacer en maximisant l’utilisation respectueux du terrain. Nous croyons donc nécessaire que la ville et les arrondissements imposent le plus tôt possible un moratoire afin de protéger ces maisons par une application rigoureuse des règles de protection du patrimoine. »

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Pour la protection des Shoebox

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