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Ensevelis sous la neige… et le coût du déneigement !

Politique, Vie de quartier
Les propriétaires de maisons jumelés dans le Faubourg Contrecoeur ne savent plus où mettre la neige! (photo Annie St-Amant)
Les propriétaires de maisons jumelés dans le Faubourg Contrecoeur ne savent plus où mettre la neige! (photo Annie St-Amant)

Des citoyens du Faubourg Contrecœur ont dû payer plus de 1000 $ pour faire déneiger leur stationnement lors d’une seule tempête à cause d’un changement dans l’application d’un règlement municipal et craignent que ces coûts exorbitants ne reviennent à chaque bordée.

« J’habite une maisonnette urbaine de la phase quatre d’Accès Condo au Faubourg Contrecœur », a expliqué d’emblée Annie St-Amant qui a pris la parole pour un groupe de propriétaires de ce quartier. Ces propriétaires partagent un espace de stationnement d’environ 900 m2 qui accueillent 32 places de stationnement, estime-t-elle. « Depuis que notre syndicat existe, soit décembre 2013, la neige de nos stationnements était disposée dans les rues du Faubourg Contrecœur sans conséquence. Elle était ensuite ramassée lors des opérations déneigement. Cela a toujours été toléré, et ce, même si le règlement municipal l’interdit », a-t-elle raconté.

Une situation tolérée jusqu’en… janvier dernier. « Dans la semaine du 10 janvier dernier, notre déneigeur, JBA Construction, a reçu un avertissement de la ville de Montréal parce qu’il mettait la neige de nos stationnements dans la rue et qu’il serait passible d’une amende s’il recommençait, a poursuivi la résidante. La ville a dit à notre déneigeur qu’il y avait eu plusieurs plaintes provenant d’autres résidents du quartier et c’est pourquoi il aurait dorénavant des amendes émises. Depuis ce moment, nous devons mettre la neige sur notre terrain : c’est-à-dire quatre petites surfaces gazonnées d’environ 50 m2, soit un total de 200 m2, ou encore, nous devons la disposer nous-mêmes. »

Les citoyens ont donc décidé de se conformer et, faute d’espace pour entreposer la neige, de payer des frais supplémentaires pour charger la neige. « Sur le coup, on pensait qu’il faudrait payer pour un chargement. Mais juste pour ramasser la tempête du 13 janvier dernier, cela en a pris sept ! », s’exclame Annie St-Amant. Au total, pour une seule journée, la facture s’est élevée à… 1137,50 $.

Devant cette situation, les propriétaires ont donc décidé de conserver leur neige sur les limites de leur petit terrain, relate-t-elle. « Mais, coup de théâtre, on a appris que la ville de Montréal est propriétaire d’une bande d’un mètre qui longe le trottoir et qu’on ne peut pas non plus y disposer la neige ! » De plus, il faut s’assurer de laisser le passage libre en cas d’urgence.

Une impasse

Ainsi, s’ils veulent respecter le règlement, les résidants n’ont d’autre choix que de payer à la pièce pour que leur déneigeur privé charge la neige. « D’un côté, la ville nous interdit de mettre la neige dans la rue et d’un autre, elle nous interdit de la même sur notre terrain. Nous sommes dans une impasse totale. D’autant que c’est la SHDM, un organisme de la ville qui a conçu les plans, c’est illogique qu’ils n’aient pas tenu compte du déneigement dans leur configuration », dénonce la résidante. Ainsi, le problème touche tous les propriétaires de condos construits dans cette phase, tous bâtis sur même schéma.

Ils suggèrent l’émission de permis temporaires pour disposer la neige dans la rue, comme cela existe dans d’autres arrondissements disent-ils. Sinon, pourquoi ne pas acheminer la neige dans le parc Carlos-d’Alcantara? « Sinon, on pourrait peut-être arrêter de déneiger et se stationner sur la rue ? Cela ferait 32 voitures pour chacun des quatre jumelés, soit 128 voitures en plus sur la rue ! » De plus, ces citoyens jugent la situation inéquitable, alors que plusieurs autres propriétaires continuent de mettre leur neige dans la rue, sans se faire surveiller. « Il y a une limite aux frais que de jeunes familles comme la mienne sont en mesure d’assumer », ajoute Annie St-Amant.

Le maire de l’arrondissement a affirmé être conscient qu’il y a une certaine confusion dans la compréhension de la réglementation actuelle, qui stipule clairement qu’il est interdit de mettre la neige dans la rue. « Nous allons donc essayer de vous rencontrer rapidement pour voir quelles sont les options qui sont offertes à court terme, a-t-il déclaré lors du conseil d’arrondissement. À plus long terme, nous avons dans nos boîtes un projet qui permettra de clarifier ce qui est permis ou non d’ici l’hiver prochain. Car il y a des informations qui passent mal et parfois une certaine iniquité. On ne voudrait pas que les citoyens ou les déneigeurs reçoivent des amendes sans être mis au courant à la base. »

En attendant, l’arrondissement a décidé de charger la neige tombée mercredi par mesure de sécurité. « Il ne s’agit pas d’un ajustement pour tout l’hiver, mais bien d’une mesure exceptionnelle pour s’assurer que les camions de pompier puissent circuler », indique Guillaume Faucher, attaché politique du bureau des élus.

 

 

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