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Émission d’arsenic dans l’air : les élus de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve réagissent

Environnement, Politique
La cohabitation entreprises et résidences ne date pas d'hier, comme le montre cette photo montrant le sud-est de Mercier-Est et les raffineries, en 1964. (Archives, Ville de Montréal)
La cohabitation entreprises et résidences ne date pas d’hier, comme le montre cette photo montrant le sud-est de Mercier-Est et les raffineries, en 1964. (Archives, Ville de Montréal)

Préoccupés suite à la publication de l’avis de la Direction régionale de la santé publique (DRSP) sur les émissions atmosphériques de l’affinerie de cuivre CCR, situé à Montréal-Est, les élus de l’arrondissement comptent notamment rencontrer la direction de l’entreprise.

En effet, le Journal de Montréal révélait en fin de semaine que des taux anormalement élevés d’arsenic et de dioxyde de soufre reliés aux activités de l’affinerie CCR ont été enregistrés autour de l’usine depuis 2010. Même si l’usine est située dans Montréal-Est, les émissions couvrent un périmètre de plusieurs kilomètres, incluant une bonne partie de Mercier-Est.

« Les résidents de Mercier-Est sont extrêmement préoccupés par les émissions atmosphériques de l’affinerie CCR. L’entreprise doit démontrer à la population qu’elle répond à leurs préoccupations et définir rapidement les nouvelles mesures d’atténuation afin de ramener les émissions d’arsenic sous la norme, a déclaré la conseillère de Tétreautlville, Suzie Miron dans un communiqué émis hier en fin de journée. Nous demandons également que des citoyens de notre quartier intègrent le comité de gestion des nuisances de l’entreprise. Par ailleurs, une station d’échantillonnage sera installée par la Ville de Montréal dans notre quartier pour que nous soyons en mesure de faire un suivi probant sur la situation qui prévaut dans Mercier-Est. » En réaction à cette nouvelle, les élus de l’arrondissement prévoient aussi rencontrer la direction de l’entreprise.

« Bien que la DRSP conclue que le risque à la santé pour la population résidant à proximité de l’affinerie est très faible, il est primordial que ses émissions d’arsenic dans l’air soient ramenées en dessous de la norme le plus rapidement possible. La priorité dans ce dossier doit demeurer la même que celle qui nous guide dans de nos actions : la santé et la qualité de vie des citoyens », indique le communiqué diffusé par l’arrondissement en fin de journée hier (13 septembre).

« Le rapport que nous avons reçu est inquiétant, mais les risques pour la santé demeurent faibles, y déclare aussi le maire de l’arrondissement, Pierre Lessard-Blais. La santé des résidents de Mercier-Est est notre priorité et des mesures rapides doivent être prise par l’entreprise pour mettre fin à ce dépassement des normes. »

Réactions en chaîne

« Ces révélations du Journal de Montréal mettent en lumière des enjeux majeurs pour l’est de l’île de Montréal : la qualité de l’air et la santé de la population. À l’heure où les maladies chroniques et les problèmes respiratoires – comme l’asthme chez les enfants – affectent davantage la population de l’est de l’île et où l’espérance de vie y est de 9 ans inférieure à celle de l’ouest, on peut légitimement s’inquiéter de l’augmentation des émissions de contaminants – de surcroit cancérigènes – dans l’atmosphère. Les citoyens sont donc en droit d’exiger un respect intégral et même, dans certains cas, un resserrement des normes environnementales », réagissait le Collectif en environnement Mercier-Est dans un communiqué émis plus tôt cette semaine.

Un point de vue partagé par l’Association pulmonaire du Québec, qui a aussi tiré la sonnette d’alarme quant à cette « situation déplorable touchant l’un des quartiers de Montréal où l’on enregistre un taux élevé de maladies respiratoires liées à la mauvaise qualité de l’air. » « Les mesures mises en place depuis 2010 par CCR afin de réduire ses émanations d’arsenic se sont avérées insuffisantes pour garantir la sécurité et la santé de la population de la zone concernée. Ceci démontre l’inefficacité des politiques municipales actuelles en matière d’application des normes ministérielles en vigueur, un constat de plus en plus flagrant qui réitère l’urgence d’agir », énonce l’Association dans un communiqué.

« L’est de Montréal traine depuis des décennies la triste réputation d’un milieu de vie pollué par les activités industrielles. Ces révélations risquent de renforcer cette perception en dépit des progrès accomplis ces dernières années. Il appartient désormais aux personnes et aux organismes concernés de rétablir la confiance de la population en faisant toute la lumière sur cette situation et en établissant des mécanismes pour éviter qu’elle se reproduise », conclut Raymond Moquin.

L’affinerie CCR a quant à elle rappelé que c’était un enjeu important pour elle. « Depuis 5 ans, CCR a investi plus de 28 M$, afin d’installer des solutions technologiques innovantes visant à minimiser les émissions. À cet effet, un dépoussiéreur de 21 M$, qui sera installé à la fin novembre, permettra de doubler la capacité d’interception de polluants. D’ailleurs, au cours des dernières années, CCR a réduit de plus de 52 % l’émission de GES la qualifiant ainsi parmi les plus propres au monde. CCR continuera de surveiller la situation de près et demeure à l’affût des nouvelles technologies afin d’adopter les meilleures pratiques en matière de développement durable et s’engage ainsi à répondre aux normes qui lui sont applicables », peut-on lire sur son site Internet.

 

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