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Les lignes jaunes de la discorde

Transport
De nouvelles bandes jaunes rappelant l'interdiction de se stationner à moins de 5 mètres d'une intersection sont apparues dans le paysage de Mercier-Est et du reste de l'arrondissement cet été. (photo : Anne-Marie Tremblay)
De nouvelles bandes jaunes rappelant l’interdiction de se stationner à moins de 5 mètres d’une intersection sont apparues dans le paysage de Mercier-Est et du reste de l’arrondissement cet été. (photo : Anne-Marie Tremblay)

L’ajout de bandes jaunes rappelant l’interdiction de stationner à moins de 5 mètres d’une intersection a suscité moult réactions de la part des résidants de Mercier-Est lors du conseil d’arrondissement du 4 septembre dernier.

Dix-huit places de stationnement. C’est ce qu’une citoyenne de Mercier-Est a calculé qu’elle perdait sur son tronçon de rue avec la nouvelle signalisation mise en place par l’arrondissement pour dégager les intersections. La dame habite rue Taillon, entre Rousseau et Tiffin, en plein cœur du Faubourg Contrecœur, un secteur qui vit déjà d’importants problèmes de stationnements. Le hic, c’est que ce tronçon est traversé par deux petites rues qui se terminent en ronds-points. Mais elles font aussi l’objet de marquage au même titre que les artères plus importantes. « Je ne sais pas ce que ça aura l’air l’hiver! Est-ce qu’il va falloir plier nos voitures pour les mettre dans nos poches? », a-t-elle lancé.

La citoyenne n’est pas la seule à avoir réagi à cette nouvelle signalisation lors de la première séance du conseil d’arrondissement de l’automne, qui s’est déroulée le 4 septembre dernier. Plusieurs résidants se sont succédé au micro pour dénoncer ce changement de signalisation amorcé cet été par l’arrondissement. Une démarche qui s’inscrit à même l’objectif de la Ville de Montréal de faire respecter, d’ici décembre 2018, les règles déjà prévues au Code de la sécurité routière concernant les 5 mètres de dégagement aux coins des rues.

Or, le marquage n’élimine pas de places de stationnements, a tenu à préciser le maire de l’arrondissement, Pierre Lessard-Blais. Il s’agit plutôt de repères visuels rappelant les règles de dégagement des intersections qui sont déjà en vigueur. Il est toutefois conscient que l’opération, amorcée en juillet dernier dans Mercier-Est, a donné lieu à plusieurs incongruités. « L’application de la loi semblait simple et quand on est arrivés sur les coins des rues, on a réalisé que ce n’était pas si simple. »

Deux fois plutôt qu’une

L’arrondissement a dû réajuster le tir deux fois cet été. Si, au départ on prévoyait une signalisation variable, selon la présence de différents éléments, comme une traverse piétonne ou un panneau d’arrêt, le règlement a été simplifié. Maintenant, la bande jaune sera peinte à un mètre du coin de l’intersection (45 degrés plus un mètre), a expliqué le maire. De plus, lorsque les rues se terminent en T, il n’y aura pas de marquage dans la rue qui boucle l’extérieur du T, sauf dans les zones situées près des parcs et des écoles, où la sécurité doit être renforcée. Les intersections qui ont déjà été peintes seront corrigées, aux frais de l’entrepreneur, selon ces nouvelles directives.

Devant les plaintes des citoyens, le maire est toutefois demeuré ferme. Oui, il y aura des correctifs apportés pour se conformer aux nouvelles directives, mais il n’est pas question de revenir en arrière sur cette mesure visant à assurer la sécurité de tous. « Il faut une directive claire qui s’applique à tout le monde et non un règlement au cas par cas », a affirmé Pierre Lessard-Blais.

Le conseiller d’Hochelaga, Éric Alan Caldwell, a aussi rappelé à plusieurs reprises la volonté de la ville de sécuriser les intersections, l’un des endroits qui comptent le plus de collisions entre piétons et véhicules à Montréal. Ce changement s’inscrit donc en ce sens.

L’opération marquage devrait être terminée d’ici la fin de l’automne et s’étendra dans toutes les rues locales de l’arrondissement. Les artères collectrices, comme Sherbrooke, Notre-Dame, Hochelaga ou Honoré-Beaugrand, ne sont pas sujettes aux travaux de marquage puisqu’elles seront munies de panneaux d’arrêt pour faire respecter ce dégagement. Les contrevenants s’exposent à une amende.

 

L'exemple de citoyenne. Un tronçon de rue compte quatre intersections, dont trois en T. (image tirée de Google map)

L’exemple de la citoyenne. Un tronçon de rue compte ici quatre intersections, dont trois en T. (image tirée de Google map)

 

 

 

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