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Deux organismes de Mercier-Est à la rue

Communautaire, Immobilier
La démolition de l'ancienne école située au 8075, rue Hochelaga. pour construire un nouvel établissement scolaire laissera à la rue deux organismes culturels de Mercier-Est. (photo : Anne-Marie Tremblay)
La démolition de l’ancienne école située au 8075, rue Hochelaga. pour construire un nouvel établissement scolaire laissera à la rue deux organismes culturels de Mercier-Est. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Le couperet est tombé: la démolition d’une ancienne école rue Hochelaga, pour en construire une nouvelle, laissera sans domicile ses deux locataires, Station Vu et Production Jeun’Est, qui travaillent actuellement d’arrache-pied pour dénicher une nouvelle adresse.

« Cela faisait déjà plusieurs années qu’on s’en doutait, mais ça a été un choc quand même d’apprendre que la CSDM (Commission scolaire de Montréal) allait mettre fin à notre bail le 30 juin 2019. Ça faisait longtemps qu’on vivait avec cette épée au-dessus de la tête et elle est tombée », illustre Pier Colbert, directeur général de Production Jeun’Est.

En effet, l’implantation d’un futur développement immobilier sur les terrains laissés vacants par l’ancienne cour de voirie à l’intersection des rues Hochelaga et Honoré-Beaugrand laisse entrevoir une augmentation des familles dans ce secteur. C’est donc pour accueillir ces futurs enfants que la CSDM a décidé de reprendre les locaux du 8075, rue Hochelaga.

« Toutefois, comme il aurait été trop difficile de remettre cette ancienne école aux normes d’aujourd’hui, nous avons décidé de la démolir et d’en construire une autre », confirme Léo Lavoie, le commissaire scolaire de Mercier. Même une clôture avait été installée autour de l’école parce que des briques se détachaient de la structure. Le nouveau bâtiment prévoit l’implantation de 14 classes et d’un gymnase qui devraient être prêts pour la rentrée 2021.

Mais, cette décision forcera les deux locataires actuels à se trouver une nouvelle adresse. Un tour de force dans un quartier comme Mercier-Est, qui compte très peu d’espaces communautaires libres. « Actuellement, on fait beaucoup de démarchage, mais il n’y a rien de tangible », explique Julie-Andrée Héroux, coordonnatrice de Station Vu. Il faut dire que ce cinéma indépendant de quartier doit trouver un local assez spacieux pour ses projections, mais avec un budget limité, puisqu’il s’agit d’une corporation à but non lucratif. « Oui, il y a beaucoup de locaux commerciaux à louer sur Hochelaga, mais ce n’est pas nécessairement à notre portée », ajoute-t-elle.

Le commissaire scolaire, Léo Lavoie, assure qu’il soutient ses deux organismes dans leurs démarches et tente de les aider à trouver une solution. Il est donc partie prenante des démarches en cours et collabore avec ces organismes, ajoute-t-il.

Des locaux à la hauteur

Idem du côté de Production Jeun’Est. Cet organisme de réinsertion doit aussi trouver un local assez grand, et haut, pour offrir sa formation pratique en techniques de scène. Depuis sa fondation il y a 22 ans, plus de 300 étudiants âgés entre 18 et 35 ans ont suivi cette formation de 10 mois, financée en partie par Emploi-Québec, et qui s’adresse à ceux qui ne sont ni travail, ni aux études. Production Jeun’est offre également des services professionnels, via Prodigium, une entreprise d’économie sociale.

Face à la situation, Pier Colbert fait contre mauvaise fortune, bon cœur. « Il n’y a rien qui n’arrive pour rien. Nous sommes assez positifs sur la suite des choses », affirme-t-il. Sans vouloir s’avancer, il a déjà dans sa mire une nouvelle adresse qui pourrait correspondre à ses besoins. « Nous avons plusieurs pistes, dont l’une semble prometteuse », confirme-t-il.

Si les deux organismes aimeraient demeurer dans le quartier qui les a vus naître, ils devront peut-être ratisser plus large. En effet, le manque de local abordable est important dans le quartier. Cela n’est pas sans rappeler la situation vécue par l’Antre-Jeunes de Mercier-Est. Alors que l’immeuble où était installée la maison de jeunes était infesté de moisissures, il avait fallu de longs mois à l’organisme pour dénicher une nouvelle adresse. Un problème qui a de nouveau fait surface au deuxième point de services de l’organisme, le Garage des jeunes, situé au sous-sol d’un immeuble d’habitations à loyer modique.

 

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