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Maka Kotto serein malgré la défaite

Politique
Maka Kotto avec l'un des organisateurs de la foire commerciale de la rue Hochelaga, en septembre dernier. (photo tirée de la page Facebook du Parti québécois dans Bourget)
Maka Kotto avec l’un des organisateurs de la foire commerciale de la rue Hochelaga, en septembre dernier. (photo tirée de la page Facebook du Parti québécois dans Bourget)

« Je prends ces résultats avec beaucoup de philosophie. C’est la démocratie qui s’est exprimée », explique Maka Kotto, deux jours après les élections qui auront coûté son siège au député péquiste ayant représenté Bourget pendant dix ans.

Maka Kotto se montre philosophe face à sa défaite, alors qu’il a perdu son siège par seulement 500 voix sur le gagnant, Richard Campeau de la Coalition avenir Québec (CAQ). Aucune trace d’amertume dans sa voix, alors qu’il répond aux questions du Journal de Mercier-Est. Selon lui, difficile de résister à la vague orange qui venait d’Hochelaga-Maisonneuve et à la vague caquiste qui déferlait plutôt de Pointe-aux-Trembles. Le député sortant du Parti québécois (PQ) s’est donc retrouvé entre les deux. « Résister à une balle, ça va, mais deux, c’est beaucoup », illustre-t-il.

D’ailleurs, les résultats montrent clairement que les électeurs étaient tiraillés entre les trois formations politiques, avec un écart de moins de 1000 voix séparant Marlène Lessard de Québec solidaire (QS), qui est arrivée troisième, du gagnant. « Quand j’ai fait mon porte-à-porte, ce qui était clair, c’est que les gens voulaient du changement », raconte le député sortant. Cette volonté de montrer la porte au Parti libéral du Québec (PLQ) a fait des dommages collatéraux, en rayant presque de la carte le Parti québécois, analyse-t-il. En effet, les élections ont balayé complètement le PQ de l’île de Montréal, en plus de ne faire élire que neuf députés péquistes pour l’ensemble du Québec.

Le sentiment du devoir accompli

Malgré tout, pas de regret pour Maka Kotto. « J’ai le sentiment profond du devoir accompli. C’est avec un sourire radieux que je passe en revue les personnes avec lesquelles j’ai travaillé et aussi la population que j’ai servie passionnément pendant dix ans. »

Il espère que Bourget se rappellera de lui comme d’un député qui aura laissé des impacts humains positifs. Car, rappelle-t-il, c’est avant tout pour aider son prochain qu’il a décidé de se lancer dans la vie publique. « J’ai voulu m’impliquer pour améliorer le bien-être des gens qui avait des difficultés avec leurs démarches gouvernementales, avec Hydro-Québec ou encore qui étaient aux prises avec des problèmes de bruit ou de camionnage », cite-t-il en exemple.

Maka Kotto se dit privilégié d’avoir pu jouer ce rôle pendant dix ans, en plus d’avoir été ministre de la Culture sous le gouvernement de Pauline Marois. Le député sortant estime qu’il a beaucoup appris au contact de certains collègues à l’Assemblée nationale, et ce, toutes formations politiques confondues. Il affirme également que cela lui a permis de vivre des expériences extraordinaires, comme le fait d’avoir représenté le Québec lors des funérailles de l’homme d’état sud-africain Nelson Mandela.

Et l’avenir ?

Lors de notre conversation, Maka Kotto était en route pour Ottawa afin d’aller chercher un visa pour se rendre au Cameroun. En effet, sa mère est décédée d’un cancer fulgurant et il doit retourner dans son pays d’origine pour organiser ses funérailles. Un dossier qu’il a dû commencer à gérer à distance pendant la campagne électorale, même si c’était humainement très difficile. Surtout que les démarches sont complexes, alors que sa mère vivait à Paris et que ce genre de cérémonies en Afrique sont très différentes de ce qui se fait ici. Une nouvelle qu’il a préféré garder pour lui pendant la campagne électorale, car il ne voulait pas utiliser sa vie privée pour se faire du capital politique.

Pour l”instant, il ne sait pas de quoi l’avenir sera fait pour lui. Mais Maka Kotto se montre confiant. « Ma vie n’a pas commencé en politique et ne s’y terminera pas. Mais c’est une étape qui aura contribué à élever ma conscience. » Il espère toutefois que les électeurs garderont un bon souvenir de sa contribution dans Bourget.

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