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Améliorer le sort des locataires de l’est de Montréal

Immobilier
Marie-Josée Corriveau du FRAPRU, Simon Dumais et Jean-Claude Laporte, d'Infologis de l'est de Montréal. (Photo : Anne-Marie Tremblay)
Marie-Josée Corriveau du FRAPRU, Simon Dumais et Jean-Claude Laporte, d’Infologis de l’est de Montréal. (Photo : Anne-Marie Tremblay)

Décriant la situation très précaire de plusieurs locataires dans l’est de Montréal, Infologis réclame que tous les paliers gouvernementaux mettent l’épaule à la roue et injectent des fonds pour augmenter le nombre de logements sociaux. Un enjeu majeur qui n’épargne pas Mercier-Est.

En effet, le quartier compte une majorité de locataires, selon les données présentées par Infologis de l’est de Montréal lors d’une conférence de presse organisée le 6 novembre dernier. Et pour plusieurs, le logement constitue une dépense importante, augmentant leur précarité.  À l’image des autres secteurs desservis par cet organisme de défense des droits des locataires, qui compte Mercier-Ouest, Anjou, Pointe-aux-Trembles, Montréal-Est et Rivière-des-Prairies, près du tiers des ménages de Mercier-Est consacrent plus de 30 % de leurs revenus à se loger, soit 3505 ménages. Toujours dans le quartier, ils seraient 1470 à dépenser 50 % ou plus de leur budget pour avoir un toit. Une proportion qui grimpe à 80 % ou plus pour 505 d’entre eux, comme le montrent les données du dernier recensement.

« Cette situation crée une grande difficulté à combler ses besoins de base, que ce soit pour se vêtir, se nourrir, pour le transport, etc. », a souligné Jean-Claude Laporte, organisateur communautaire d’Infologis. D’autant qu’au fil du temps, l’écart se creuse entre le revenu des ménages locataires et le prix des loyers. « Entre 2001 et 2016, le revenu médian dans Mercier-Est a augmenté de 34,9 % alors que le loyer médian a quant à lui grimpé à 41,6 % », a poursuivi Simon Dumais, lui aussi organisateur communautaire.

1700 logements sociaux dans l’Est

C’est pourquoi le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) réclame la construction de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans, dont 1700 pour l’est de Montréal, a poursuivi Marie-Josée Corriveau, coordonnatrice de l’organisme. « Cela permettrait de développer du logement hors marché, c’est-à-dire sans but lucratif qui ne serait pas soumis à la spéculation, et compte tenu des annonces qui ont été faites dans l’est de Montréal, c’est urgent de procéder à ce niveau-là. »

En effet, la mairesse Valérie Plante et le nouveau premier ministre François Legault ont annoncé fin octobre la mise sur pied d’un comité de développement pour l’est de Montréal. Un regroupement qui, espèrent ces organismes de défense des droits des locataires, misera aussi sur le social et non seulement sur l’économie. Ainsi, ils demandent que les acteurs sociaux aient voix au chapitre à ce sujet. Ils réclament également différentes mesures, dont la mise en réserve de terrains pour le logement social, un budget pour l’achat et la rénovation d’immeubles et de rendre disponible rapidement les sommes prévues pour le programme AccèsLogis.

Alors que le gouvernement du Canada a annoncé l’injection de 40 milliards de dollars sur 10 ans avec sa stratégie sur le logement et qu’au Québec, l’ancien gouvernement a réalisé des surplus budgétaires, le contexte est donc favorable, non seulement dans l’est de Montréal, mais partout au Québec, pour peser sur l’accélérateur et accélérer la construction de logements sociaux. « Offrir des conditions de logements décentes, c’est une des conditions sine qua non pour garantir le droit à la santé ou à l’éducation. », soutient Marie-Josée Corriveau. Une façon d’améliorer réellement le sort des personnes les plus démunies de notre société,ajoute-t-elle. « Il faut donc mettre un coup de barre dans ce dossier. »

Veuillez noter qu’une erreur s’était glissée dans la première version du texte. Il fallait lire que le FRAPRU réclame 50 000 logements et non 5000. Nos excuses.

 

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