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«École de la dernière chance»: ouverture du registre le 19 novembre

Éducation, Vie de quartier
L'ancien centre missionnaire des oblats pourrait devenir une école spécialisée. Un projet contesté par les citoyens. (photo : Anne-Marie Tremblay)
L’ancien centre missionnaire des oblats pourrait devenir une école spécialisée. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Un registre sera ouvert le 19 novembre prochain pour recueillir les signatures des citoyens qui veulent déclencher un référendum sur le déménagement du Centre d’intégration scolaire (CIS), une école spécialisée pour les élèves en difficulté, dans l’ancien centre missionnaire Oblats, rue Notre-Dame est.

En effet, 25 citoyens ont signé une demande d’approbation sur ce projet, enclenchant un processus référendaire sur le changement d’usage du bâtiment, permettant à l’établissement scolaire de s’installer au 8844, rue Notre-Dame. La deuxième étape aura donc lieu le 19 novembre prochain, avec l’ouverture du registre. Il faudra alors que 188 citoyens, domiciliés dans la zone identifiée par l’arrondissement, y apposent leur signature pour qu’un vote référendaire ait lieu. Sinon, le projet suivra son cours.

Le problème, c’est que cette école actuellement située dans Rosemont doit quitter ses locaux en juin 2019, parce que la CSDM, propriétaire du bâtiment, veut reprendre son bâtiment. Ainsi, cette école qui reçoit des élèves de sept commissions scolaires de la grande région de Montréal doit se trouver un nouveau toit pour la rentrée 2019. Sans quoi, elle risque de devoir fermer ses portes.

Là où le bât blesse, c’est que le CIS accueille des élèves de 8 à 18 ans qui montrent de graves problèmes de comportement.  « Plusieurs vivent avec des troubles anxieux, de l’attachement, de l’opposition, de l’hyperactivité, entre autres », nous expliquait sa directrice, Ysabelle Chouinard, dans un article publié il y a deux semaines. Ces étudiants, qui ne fonctionnent plus dans des classes régulières, passent temporairement par les classes du CIS, avant de retrouver le chemin du régulier. Une clientèle qui inquiète le voisinage.

Zone concernée par l'ouverture du registre (source: avis public, arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve)

Zone concernée par l’ouverture du registre (source: avis public, arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve)

Une poignée d’entre eux sont d’ailleurs allés rencontrer l’équipe du CIS dans une soirée d’information qui s’est déroulée le 14 novembre dernier. S’ils étaient peu nombreux, il faut dire que l’invitation a été distribuée dans la boîte aux lettres d’une petite zone où se concentre la contestation, qui compte une quarantaine de portes, explique Charles Guindon, agent de développement au Groupe de ressources techniques (GRT) Bâtir son quartier.

Deux des personnes qui avaient signé la demande de référendum se sont rendues dans les locaux du 8844 rue Notre-Dame, ouverts pour l’occasion, afin d’obtenir réponse à leurs questions. Ils ont expliqué qu’ils n’étaient pas contre le projet, mais qu’ils étaient inquiets parce qu’ils étaient peu informés. Pourquoi déménagent-ils ? Qui est la clientèle ? Comment l’école gère-t-elle les élèves quand ils sortent de classe ? « Je voulais aussi être certain qu’ils ne nous diraient pas que ce qui se passe à l’extérieur de l’école ne les concernait pas », a expliqué l’un d’entre eux.

Les membres de l’équipe-école se sont faits rassurants sur leur vigilance . Les élèves sont extrêmement encadrés et la plupart voyagent en transport scolaire. Par exemple, le ratio dans l’école est d’un adulte pour quatre élèves. « Nous sommes actuellement situés juste à côté d’une résidence pour personnes âgées, et nous n’avons jamais reçu aucune plainte », aussi expliqué la directrice de l’établissement, Ysabelle Chouinard.

Tous deux sont sortis convaincus de la rencontre et ont promis de discuter avec les autres voisins qui ont demandé un référendum. « Moi, si ça aide les jeunes et qu’ils sont bien encadrés, je ne peux être contre. Ça serait dommage pour eux, surtout que s’ils ne peuvent s’installer ici, ils vont devoir fermer », a expliqué la résidante à sa sortie. Elle et son conjoint n’iront donc pas signer le registre et vont en parler autour d’eux.

Une autre résidante, voisine du bâtiment, a été moins convaincue. Elle craint que la venue de cette école spécialisée ne fasse diminuer la valeur de sa maison, « un peu comme si c’était une prison. » Ce qui est faux, estime Charles Guindon. « C’est une école. Et en plus, c’est beaucoup mieux pour la valeur d’un immeuble que d’être voisin d’un bâtiment inoccupé. »

Maintenant, l’équipe du CIS se croise les doigts et espère que les citoyens ne seront pas trop nombreux à signer le registre. Car c’est non seulement l’avenir de cette « école de la dernière chance » qui est en jeu, mais aussi celui de jeunes qui ne trouvent plus leur place ailleurs dans le système actuel, plaide Ysabelle Chouinard.

Le processus référendaire

  • Deux des zones ciblées par le projet ont recueilli assez de signatures pour demander l’ouverture d’un registre. Ce sont donc les résidants de ces deux secteurs (voir image) qui peuvent le signer.
  • Le registre sera ouvert le 19 novembre prochain, de 9 h à 19 h, à l’aréna Clément-Jetté, situé au 8780 avenue Dubuisson. Seules les personnes habitant dans le secteur désigné par l’arrondissement peuvent participer à l’exercice. Les citoyens peuvent communiquer au 514 872-8891 pour s’assurer que leur propriété est bel et bien dans la zone concernée.

En savoir plus
Avis public sur l’ouverture du registre
Le déménagement de l’école de la dernière chance suscite l’opposition

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