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Le déménagement de l’école de la dernière chance suscite l’opposition

Éducation, Immobilier
L'ancien centre missionnaire des oblats pourrait devenir une école spécialisée. Un projet contesté par les citoyens. (photo : Anne-Marie Tremblay)
L’ancien centre missionnaire des oblats pourrait devenir une école spécialisée. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Des citoyens s’opposent au déménagement du Centre d’intégration scolaire (CIS) dans les locaux de l’ancien centre missionnaire des pères oblats, rue Notre-Dame, et ont signé une demande d’approbation référendaire sur l’installation de cet établissement spécialisé surnommé « l’école de la dernière chance ».

Ainsi, 25 citoyens ont signé une demande d’approbation référendaire, ce qui mènera à l’ouverture d’un registre qui se déroulera probablement durant la semaine du 19 novembre. Si le nombre de signatures des résidants dans les zones concernées est assez élevé, il y aura un référendum sur la première étape du projet, soit le changement d’usage du bâtiment. Une condition sine qua non pour le déménagement de cet établissement scolaire.

Une nouvelle qui désole Ysabelle Chouinard, directrice de cette école d’une capacité de 75 élèves qui accueille des enfants de 8 à 18 ans montrant de graves troubles de comportement, des problèmes qui les empêchent d’être intégrés dans des classes ordinaires. « Plusieurs vivent avec des troubles anxieux, de l’attachement, de l’opposition, de l’hyperactivité, entre autres. » Ces enfants passent temporairement dans les classes du CIS, en moyenne deux ans, avant de pouvoir réintégrer le cursus scolaire régulier, explique-t-elle.

Fin de bail en 2019

« C’est sûr que je n’accepterai jamais que l’école ferme, mais j’aimerais pouvoir arrêter de m’occuper d’avoir un toit pour m’occuper des élèves et du personnel », poursuit-elle. En effet, l’établissement, un organisme sans but lucratif privé, qui accueille des élèves provenant de sept commissions scolaires de la grande région métropolitaine doit quitter ses locaux actuels en juin 2019. Cette école spécialisée est installée dans un édifice du quartier Rosemont appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Cette dernière a averti la direction qu’elle devait récupérer son bâtiment pour les élèves du quartier, alors que le nombre de familles augmente rapidement dans ce secteur.

Trouver une nouvelle adresse a été extrêmement difficile, relate Ysabelle Chouinard. « Cela fait trois ans que nous cherchons un endroit adapté à nos besoins et un an que nous travaillons sur ce bâtiment en particulier. » Ainsi, le 8844, rue Notre-Dame qui a fait l’objet d’une offre d’achat conditionnelle de la part du CIS pourrait accueillir cette clientèle. Mais il faut pour cela, il faut modifier la vocation de l’immeuble.

La demande des citoyens d’aller en référendum sur ce changement d’usage met donc la directrice dans l’embarras, alors que l’école doit être fin prête dès septembre prochain. « Le temps est compté. » Et les ressources à Montréal sont très rares, voire inexistantes, pour accueillir ces jeunes qui seraient autrement hors système, parfois à un très jeune âge, plaide Ysabelle Chouinard. « Ces enfants-là, s’ils ne sont pas chez nous, ne seront probablement pas scolarisés, poursuit-elle. Par exemple, j’ai un cas cette année d’un élève aussi jeune que sept ans qui n’était pas scolarisé pendant trois mois l’an passé. »

Une contestation surprise

Cette contestation citoyenne a surpris Ysabelle Chouinard, alors qu’elle était présente lors de la consultation publique de l’arrondissement sur le sujet, qui s’est déroulée le 25 septembre dernier. Personne n’est intervenu sur le projet, se rappelle-t-elle. Si bien qu’on ne sait pas ce qui dérange au juste. « Peut-être que les gens craignent l’arrivée d’une clientèle comme celle que nous desservons dans le quartier, mais j’aurais aimé pouvoir répondre à leurs questions et les rassurer. Nos jeunes ne font pas de problèmes et s’ils en font, c’est dans mon école et on s’en occupe. Ils sont vraiment pris en charge et hyper encadrés. »  Elle ajoute que le CIS est actuellement installé dans Rosemont, près du collège Jean-Eudes et d’une école primaire, et il n’y a jamais eu de problèmes de cohabitation. « Tous les élèves ont droit à l’éducation et les écoles sont extrêmement rares à trouver », affirme-t-elle également. De plus, 75% d’entre eux arrivent par transport scolaire.

Si le changement d’usage constitue la première étape vers ce déménagement, il faut ensuite entreprendre les travaux qui permettront de transformer les chambres de cet ancien couvent en salles de classe. De plus, le CIS doit trouver des bailleurs de fonds pour compléter son montage financier. À l’heure actuelle, l’établissement a déjà reçu l’appui du ministère de l’Éducation ainsi que du Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), en plus d’avoir approché Investissement Québec. « Nous travaillons aussi sur ce sujet en arrière-plan », affirme Ysabelle Chouinard. Elle espère maintenant que le projet ne mourra pas dans l’oeuf, alors qu’ils sont si près du but.

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