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Les ambassadeurs de Station Vu : Rodin

Culture

Dans cette chronique, nous laissons la parole aux ambassadeurs de Station Vu, ce cinéma de quartier indépendant de Mercier-Est, qui vous livreront réactions, opinions et critiques cinématographiques. Cette semaine, le film Rodin.

Rodin, par Zachary Gourd

Avant-tout je tiens à signaler que, malgré un résultat moyen, l’approche de Jaque Doillon dans ce film m’a particulièrement plu. En décidant de s’écarter de l’approche cours d’histoire qu’ont beaucoup de biopics, le film donne une vraie humanité à son sujet.

Dans Rodin, on suit le sculpteur de l’obtention de sa première commande d’état (les portes de l’enfer) à l’installation d’un bronze de sa statue de Balzac. On ne voit donc qu’une part assez réduite de la vie de l’artiste mais très importante puisque c’est durant cette période que le sculpteur aura sa célèbre aventure avec l’artiste Camille Claudel, mais aussi qu’il produira ses oeuvres les plus marquantes.

Le film construit son histoire en courts segments entrecoupés d’ellipses dont la temporalité est inconnue. Cette construction ne facilite définitivement l’écoute du film, puisqu’on reste assez confus face au temps requis pour créer une œuvre ou au moment de la relation entre Claudel et Rodin. Cependant, en sacrifiant une lecture facile de la narration, le film permet de présenter différents aspects de la personnalité de Rodin dans différents contextes, le démystifiant et l’humanisant. Le rythme du film est malheureusement assez affaibli par la forme : le nombre de segments montrant des évènements similaires est nombreux et puisque chaque passage est assez indépendant des autres, le film n’arrive pas créer un sentiment de progression et plusieurs passages semblent dotés de leur propre évolution dramatique . On a souvent l’impression de tourner en rond. Je pense qu’en gardant la même forme on aurait pu obtenir qu’elle chose de moins plat.

À coté de cela, le film est vraiment soutenu par ses acteurs principaux, Vincent Lindon en Rodin et Izïa Higelin en Camille Claudel. La relation entre les deux est vraiment crédible et leurs interactions sont agréables à voir. Izïa Higelin arrive à maintenir le personnage de Claudel crédible même si au fur et à mesure que le film avance la personnalité du personnage est de plus en plus exagérée. Vincent Lindon joue d’une façon assez romancée mais captivante l’artiste face à la création. Semblant souvent se perdre devant ses œuvres. Il n’est cependant pas extrêmement crédible lorsqu’il sculpte aillant l’air de ne pas vouloir se salir.

Malheureusement, le talent des acteurs bien que grand ne suffit pas à rendre beaucoup de dialogues crédibles. Le ton tend souvent vers un lyrisme un peu étrange qui, personnellement, m’a fait décroché à quelques reprises. Cet aspect littéraire des dialogues rajoute à longueur du film puisqu’on a souvent l’impression que les personnages parlent pour ne rien dire.

De son coté, la cinématographie de l’oeuvre est assez appréciable. Elle est sobre avec très peu de mouvements de caméra complexes et une direction belle malgré qu’elle soit fonctionnaliste. On peut souligner l’utilisation de la lumière naturelle qui crée un réalisme d’époque.

Deux chose m’ont particulièrement plu dans la réalisation de Doillon. D’abord un passage éclairé par une seule bougie et, ensuite, le choix à plusieurs moments, où Rodin fait face à ses œuvres, de se concentrer uniquement sur lui. Parfois en ne montrant des statues que de dos pour voir sa réaction face à sa création plutôt que la création elle-même. En d’autres mots, un véritable film sur l’homme plutôt que sur sa création.

De manière générale j’ai apprécié le filmmais je ne le conseillerais qu’au spectateur très patient.

Jeune du millénaire, étudiant au Collège Maisonneuve en Arts, lettres et communication/ profil cinéma, activement impliqué dans l’association étudiante, Zachary est un passionné qui rêve de voyager autour du monde, surtout en Europe et en Amérique latine et éventuellement vivre de son art en tant que réalisateur et écrivain.

Le contenu de cette chronique nous a été fourni par Station Vu qui a lancé cette année son programme d’ambassadeurs. Ainsi, ces derniers prendront la plume pendant la saison 2018-2019 pour partager leur réaction, opinion et expérience à la suite d’une soirée cinéma à Station Vu.

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