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Un premier budget participatif pour MHM

Économie, Politique
À Paris, les budgets participatifs ont permis de concrétiser plusieurs projets, dont l'installation de fontaines d'eau (parfois pétillante!). (Photo: Ville de Paris)
À Paris, les budgets participatifs ont permis de concrétiser plusieurs projets, dont l’installation de fontaines d’eau (parfois pétillante!). (Photo: Ville de Paris)

Que feriez-vous si vous aviez 350 000 $ à investir dans votre quartier ? C’est la question que posera l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve aux citoyens en 2019, alors qu’on vient d’annoncer qu’une partie de son budget sera participatif.

Une première à Montréal, selon le maire de l’arrondissement, Pierre Lessard-Blais. En effet, si d’autres arrondissements comme Le Plateau-Mont-Royal ou le Sud-Ouest ont déjà tenté l’exercice, le projet-pilote annoncé par Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (MHM) est différent, affirme-t-il. « Notre processus de budget participatif est unique à Montréal. Il y a déjà eu des projets par le passé, qui étaient plus du type pédagogique, mais jamais on n’a eu un budget d’une telle ampleur où le citoyen était vraiment le seul acteur décisionnel. »

Suivant les principes du budget participatif, le projet sélectionné devra non seulement émerger de la communauté, mais ce seront les citoyens qui, au bout de l’exercice, voteront pour l’idée qui les intéresse le plus. « C’est une formule qui existe ailleurs dans le monde, comme à Barcelone ou à Paris, où l’administration municipale y investit 5 % de son programme triennal d’immobilisation (PTI) », rappelle Pierre Lessard-Blais. Un montant total qui représente près d’un demi-milliard d’euros entre 2014 et 2020.

Dans la capitale française, ce montant a permis de concrétiser différentes initiatives, comme l’installation de fontaines d’eau (parfois pétillante !) dans la ville, l’inauguration de liens verts, la plantation d’arbres fruitiers, l’installation d’équipements sportifs comme des murs d’escalade, etc. Dans MHM, ce montant pourrait également servir à différents projets, comme améliorer les voies cyclables, implanter des ruches urbaines ou créer un kiosque pour un marché public, illustre le maire.

Les élus de l’arrondissement espèrent ainsi offrir l’occasion aux citoyens de « rêver leur quartier ». « Tant que ça répond aux valeurs de la Ville de Montréal et à sa réglementation, et que c’est faisable au niveau technique, les élus n’ont pas de mot à dire », poursuit Pierre Lessard-Blais. Seule contrainte : les projets devront s’inscrire dans le Programme triennal d’immobilisation de l’arrondissement.

Pour cette première expérience toutefois, le budget de 350 000 $ devra servir à financer un projet dans Mercier-Ouest. Au cours des années suivantes, les quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Est seront également invités à prendre part à la démarche, indique le communiqué publié à ce sujet. « C’est sûr que nous aimerions que tous les citoyens puissent bénéficier de cette mesure, mais il y aura peut-être des ajustements à faire au fil du temps », indique le maire. Cette première année permettra donc de tester la formule et voir si elle peut être bonifiée.

« C’est un projet emballant qui, je l’espère, va permettre à la communauté de se réapproprier son quartier en participant activement à son développement », ajoute Karine Boivin-Roy, conseillère du district de Louis-Riel, dans le communiqué publié à ce sujet.

Les prochaines étapes

Au cours de l’année 2019, « des ateliers d’idéation réalisés en collaboration avec des organismes du quartier permettront aux citoyens de définir et de soumettre les projets qu’ils souhaiteraient voir se réaliser. Sur l’ensemble des idées qui seront soumises, les meilleurs projets seront retenus et la communauté sera invitée à choisir celui qui répond le mieux à ses besoins. Le tout sera orchestré par un comité de pilotage », précise aussi le communiqué.  Ce dernier sera composé d’élus, de fonctionnaires, de citoyens et de groupes communautaires, a été instauré pour mettre en branle la première mouture de cet exercice, qui sera mené en collaboration avec le Centre d’écologie urbaine de Montréal.

« Face au désintérêt de plusieurs citoyens pour la politique, il faut faire preuve de créativité pour revitaliser notre démocratie municipale et stimuler la participation citoyenne », souligne pour sa part Laurence Lavigne Lalonde, conseillère du district de Maisonneuve-Longue-Pointe. Et le budget participatif peut agir comme antidote à cette désaffection. « Cela renforce la démocratie, puisque les gens réalisent qu’ils peuvent avoir un impact s’ils proposent leurs idées, que s’ils votent, ça a un impact sur leur quotidien. (…) C’est également une belle façon de comprendre les rouages de l’administration municipale et de renforcer le tissu social. » En effet, si plusieurs personnes aimeraient instaurer un lien vert, ils devront discuter et s’entendre pour suggérer un seul projet, explique-t-il. « À terme, ça apporte une plus grande cohésion dans les quartiers », espère le maire.

Échéancier prévu

— Début février 2019 : Lancement de la campagne de mobilisation et de participation
— Février à mai : Dépôt des projets citoyens
— Mars : Ateliers d’idéation en collaboration avec les organismes du quartier
— Juin à août : Étude et analyse financière des projets par l’arrondissement
— Septembre : Sélection d’une dizaine de projets à soumettre au vote de la population
— Septembre : Présentation des projets et vote en ligne
— Octobre : Annonce des résultats et du projet gagnant

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