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Pénurie de logements en vue

Immobilier
(Photo: Mathieu Gagné)
(Photo: Mathieu Gagné)

Le taux d’inoccupation des logements dans Mercier a chuté et figure parmi les plus bas à Montréal, ce qui fait craindre l’ombre d’une crise du logement, selon Infologis de l’Est de Montréal.

Alors que la moyenne du taux d’occupation est de 1,9 % à Montréal, les quartiers Mercier-Est et Ouest enregistrent un taux de vacance de 0,9 %, selon les données colligées par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) et publiées en automne 2018. Sur l’île, seul Villeray–Saint-Michel-Parc-Extension compte un taux d’inoccupation encore plus bas que Mercier, à 0,7 %, selon le Rapport sur le logement locatif — RMR de Montréal.

« Il y a une pénurie de logements qui va se dessiner et qui risque de ressembler à ce que nous avons vécu au tournant des années 2000. Si on regarde tous les logements, des studios aux trois chambres à coucher, on est passé en un an d’un taux d’inoccupation de 2,4 % à 0,9 %, ce qui est en deçà du taux d’équilibre qui se situe à 3 % », analyse Simon Dumais, organisateur communautaire chez Infologis de l’Est de Montréal.

« Pour l’ensemble des locataires qui désirent déménager dans le quartier ou changer de logement en restant dans leur quartier, ça va être excessivement difficile dans les prochains mois, voire les prochaines années », ajoute-t-il. Une situation qui risque de toucher tout particulièrement les familles, poursuit-il, alors que le taux de vacance des trois chambres à coucher est de seulement 0,2 %. La situation n’est pas beaucoup plus reluisante pour les 4 ½, inoccupés à 0,7 %.

« Pour les ménages avec enfants, il y a très peu de disponibilités. Plusieurs vont devoir déménager dans un autre quartier, et devront changer leurs enfants d’école », alerte Simon Dumais. Mais le problème, c’est que la pénurie touche l’ensemble de l’île. « Lors de la dernière crise du logement, certaines familles avaient dû quitter Montréal pour des villes comme Saint-Jean ou Saint-Jérôme parce qu’elles ne trouvaient pas à se loger », se rappelle l’organisateur communautaire.

En parallèle, le coût des logements augmente aussi dans Mercier, toujours selon les données de la SCHL. En octobre 2018, il fallait donc débourser en moyenne, 608 $ par mois pour une unité comptant une seule chambre à coucher, 712 $ pour deux chambres et 1033 $ pour trois chambres. « Ce sont des moyennes, donc on peut penser que dans plusieurs cas, cela cache des écarts importants », ajoute Simon Dumais.

Ajoutons à cela le fait que plusieurs locataires sont particulièrement vulnérables dans le quartier, alors que 31 % des ménages paient 30 % et plus de leurs revenus pour se loger et 13 % y consacrent plus de 50 %. 1220 des locateurs, soit 5,1 % des ménages, doivent débourser au moins 80 % de leurs revenus pour payer leur logement.

« Certaines personnes qui n’ont pas les ressources, qui ne savent pas ce qui existe pour les aider, risquent de se retrouver à la rue le premier juillet prochain, comme c’était le cas lors de la crise du logement des années 2000 », craint Simon Dumais. C’est pourquoi Infologis, à l’instar du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), réclame la création de 50 000 logements sociaux sur cinq ans. Un des moyens les plus efficaces d’aider les locataires les plus vulnérables, selon les groupes de défenses des locataires.

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Erratum: Veuillez noter qu’une erreur s’est glissée dans le nom de l’intervenant. Il s’agit de Simon Dumais. Nos excuses.

 

 

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