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« Selfies » et introspection à la Maison de la culture

Culture, Vie de quartier
«L’Objet de l’Internet est une installation jouant le rôle d’un mausolée destiné à la Fin du web.» (photo : Clara Loiseau)
«L’Objet de l’Internet est une installation jouant le rôle d’un mausolée destiné à la fin du web.» (photo : Clara Loiseau)

« Provoquer, déstabiliser, faire réfléchir. » C’est l’intention derrière le Projet EVA, qui présente son installation cinétique à la Maison de la culture Mercier jusqu’au 24 février, dans le cadre du Conseil des arts de Montréal en tournée.

« J’ai vu beaucoup de gens mettre leurs tripes en ligne, et je l’ai fait moi-même jusqu’à ce que, enfin, je commence à voir que je m’étais moi-même transformée. » L’exposition L’objet de l’internet commence avec cette citation de Carmen Hermosillo, première blogueuse à avoir été rémunérée sur internet. C’est dans l’idée de « transformation et de perte de soi-même que nous voulions détruire la réflexion et montrer la déshumanisation des selfies sur l’internet », explique Étienne Grenier, artiste et co-fondateur de Projet EVA, rencontré lors du vernissage, le 23 janvier dernier.

Destruction de sa réflexion

L’œuvre permet aux deux artistes, Simon Laroche et Étienne Grenier, de ramener l’égo-portrait et « le numérique dans le réel ». C’est dans une pièce vide et sombre que la création trône, seulement illuminée par ses propres jeux de lumière. Étienne Grenier invite les gens, un par un, à vivre cette expérience en rentrant sa tête dans la structure. Une fois le visiteur positionné dans l’installation, l’expérience multisensorielle commence automatiquement. Pendant cinq minutes, des miroirs, des jeux de son et lumière vont « lui saturer les sens » explique l’artiste. Une expérience unique qui pourrait s’apparenter à la réalité virtuelle. Durant la séance, le reflet va se modifier grâce à la vitesse à laquelle les miroirs vont bouger.

Face à soi-même durant toute l’expérience, l’acteur est amené à réfléchir sur lui et à son image sur internet. Dans cette optique, Simon Laroche explique qu’avec « l’effet d’aliénation et de perte du sens de soi-même », la citation de la blogueuse prend son sens. L’idée est en fait de montrer à quel point les rapports sociaux sont affectés à l’ère internet.

Si au début, en tant que spectateur, on ne peut quitter son regard dans notre reflet, le malaise devient de plus en plus important au bout de quelques secondes. Les sons, les couleurs, les lumières ainsi que la vitesse de rotation des miroirs font en sortent que l’expérience vous fait tourner la tête.

Naissance d’un projet

C’est en 2017 que Nathalie Bachand, commissaire de l’exposition de groupe The Dead Web – La fin, commande un projet sur la fin de l’internet à Projet EVA.  Leur vient alors l’idée de créer un « mausolée » de selfies comme le décrit Étienne Grenier. Comme si c’était la seule trace qui resterait à la mort de l’internet. 

Inspiré du projet Dreammachine de Brion Gysin, dans les années 60, L’objet de l’internet est comme une inversion de l’œuvre de l’artiste britanno canadien. Ce dernier avait créé une machine faisant « halluciner » de l’extérieur. Étienne Grenier et Simon Laroche, eux, ont créé à l’inverse une œuvre où le spectateur est à l’intérieur.

Se côtoyant et travaillant ensemble depuis maintenant 15 ans, les deux artistes fondateurs de Projet EVA aiment dire qu’ils apprécient « jouer avec le malaise » de leur public.

 

Pour plus d’information : https://culturemhm.com/decouvrez-lexposition-lobjet-de-linternet-des-le-23-janvier-a-la-maison-de-la-culture-mercier/

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