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Un autre regard sur la maladie mentale

Communautaire, Culture
C'est avec fierté et émotion que les 10 participants derrière l'exposition l'Autre regard ont présenté leurs oeuvres, lors du vernissage. (photo courtoisie l'Étincelle de l'amitié)
C’est avec fierté et émotion que les 10 participants derrière l’exposition l’Autre regard ont présenté leurs oeuvres, lors du vernissage. (photo courtoisie l’Étincelle de l’amitié)

Oui, la maladie mentale peut revêtir des aspects positifs. C’est d’ailleurs ce que met en lumière l’exposition L’autre regard, présentée à la Maison de la culture Mercier par dix membres du groupe l’Étincelle de l’amitié.

« Avant ma maladie, j’étais comme une fleur fanée qui a perdu sa vie et sa splendeur. (…) Maintenant, j’ai décidé de briser ce mur noir à l’intérieur de moi. »

« Tel un phénix qui renaît de ses cendres (…) je veux déployer mes ailes et m’envoler vers la liberté. »

Voici quelques extraits de textes qui se retrouvent accrochés sur les murs de la Maison de la culture Mercier pour l’exposition L’autre regard, organisée par l’Étincelle de l’amitié. Des témoignages émouvants qui accompagnent chacune des dix peintures mises en vedette pour l’occasion. Et autant de symboles du chemin parcouru par les 10 participants qui ont su utiliser l’art pour illustrer cette route.

Le vernissage a réuni plusieurs personnes. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Le vernissage a réuni plusieurs personnes. (photo : Anne-Marie Tremblay)

C’est d’ailleurs avec beaucoup de fierté et d’émotion que chacun d’entre eux a pu non seulement voir sa création sous les projecteurs, mais aussi son témoignage lu par les animatrices, lors du vernissage qui s’est déroulé le 10 janvier dernier. Il faut dire que les dix participants triment depuis le début du mois de septembre pour mettre en images et en mots, les aspects positifs de la maladie mentale, explique Catherine Miron, enseignante en intégration sociale du Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP) de la CSDM.

Cette dernière a accompagné les participants dans l’exploration de leur trajectoire personnelle, notamment pour la rédaction. « Quand on reçoit un diagnostic de santé mentale, il y a un avant et un après. J’ai travaillé avec eux individuellement pour qu’ils puissent réfléchir à ce que cela leur a apporté. Car après le choc, il y a nécessairement quelque chose de positif à y puiser. » Une façon aussi de leur faire voir le bon côté des choses, ajoute l’enseignante. Ils avaient également carte blanche pour illustrer le tout en images, sur une toile.

Quand on crée, on se dévoile

Le président d’honneur de l’événement, l’artiste Pierre Leblanc, a profité de l’occasion pour souligner le courage que cela demande de s’exposer de cette façon. « Chaque fois que l’on dévoile une œuvre, c’est une partie de nous que l’on révèle. Et cette fois, vous avez non seulement le regard du public sur votre art, mais aussi sur vos textes », a expliqué le sculpteur qui a participé à plus de 400 expositions à travers le Canada. Ses créations, où les mots sont souvent intégrés, se retrouvent dans 14 musées à travers le pays.

Ce n’est pas d’hier que l’Étincelle de l’amitié propose d’explorer l’art pour ses vertus thérapeutiques. En fait, l’idée est venue à Solange Lemieux, directrice de l’organisme de Mercier-Est, il y a plus de 20 ans. « On avait remarqué que le fait de travailler avec ses mains permettait aux gens d’être dans le moment présent. Ça les calme et les relaxe. » Au début, les participants, tous des personnes ayant un diagnostic de santé mentale, jardinaient. Ce qui demandait trop d’effort pour certains.

Les utilisateurs ont donc troqué pelles et truelles pour des pinceaux. S’il ne s’agit pas d’art-thérapie en tant que telle, les participants développent tout de même l’estime d’eux-même et le sentiment d’empowerment, souligne la directrice. « En plus de travailler la dextérité, cela permet de créer des liens, car les gens se parlent autour de l’art », ajoute-t-elle. Aujourd’hui, plus d’une centaine de personnes par année fréquentent l’Étincelle de l’amitié, qui offre deux ateliers par jour. Une dizaine d’entre eux se sont engagées dans les activités spécifiques pour préparer l’Autre regard. Cette exposition, qui a été rendue possible grâce au soutien financier de Dynacare, sera présentée à la Maison de la culture Mercier jusqu’au 17 février.

 

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