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Assomption Sud : consultations en avril

Économie, Politique
Le territoire visé par la consultation est situé entre Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Est. (image tirée du document Écoparc industriel de la Grande prairie)
Le territoire visé par la consultation est situé entre Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Est. (image tirée du document Écoparc industriel de la Grande prairie)

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) tiendra des audiences sur le projet de développement économique l’Assomption Sud. Un exercice attendu de longue date par les citoyens, qui avaient vivement critiqué le projet de « cité de la logistique » devant prendre place sur ces terrains en plein cœur de l’arrondissement.

Un exercice obtenu de haute lutte, alors que plus de 6600 personnes avaient apposé leur signature pour que l’administration municipale organise une consultation publique indépendante sur ce projet dont les terrains sont situés entre Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Est. Dans le projet initial, on désirait implanter des entreprises touchant au secteur de la logistique, c’est-à-dire en lien avec le transport des marchandises, dans ce secteur au sud de Souligny bordé par le Port de Montréal, les chemins de fer ainsi que les autoroutes. Un projet contesté par les citoyens.

Sur le site de l’OCPM, la ville présente donc sa vision de ce qu’elle appelle désormais « l’écoparc industriel de la grande prairie », en référence à l’ancien nom du ruisseau Molson, ce petit cours d’eau qui traversait historiquement ce secteur. Les citoyens seront d’ailleurs invités à découvrir ces orientations le 12 mars prochain, lors d’une soirée d’information. La séance de consultation comme telle prendra plutôt place le 23 avril.

Des critiques

Membre de la Coalition Sauvons le ruisseau Molson, Patricia Clermont est plutôt tiède quant à la vision proposée par la ville. « J’aurais aimé que les élus aient une position de leaders et mettent leur pied à terre en annonçant leurs couleurs, en présentant une vision claire pour le développement de ce secteur névralgique pour l’Est de Montréal », réagit-elle à chaud. Car, si le document mentionne des concepts comme le développement durable, c’est un peu timide, selon elle. « Les citoyens sont rendus plus loin que cela, alors qu’il y a urgence climatique actuellement. » Dans sa présentation, la ville identifie toutefois quelques créneaux qui pourraient être porteurs pour ce secteur, comme les technologies propres ou la « logistique intelligente ».

Et c’est maintenant, alors que tout est en planification, qu’il est possible de modifier durablement le développement qui prendra place au cœur du quartier.  Patricia Clermont aurait donc espéré un moratoire sur le développement des terrains alors que les promoteurs continuent de développer leurs affaires. Par exemple, les médias ont rapporté récemment que l’ancienne usine Mabe, dans Mercier-Ouest, allait devenir un centre de distribution pour le géant français d’articles de sports, Décathlon. « Seulement cet été, le propriétaire de l’un des terrains du secteur, Ray-Mont Logistics, a éliminé 15 hectares de végétation », ajoute-t-elle.

Autre élément qui chicote les citoyens : le fait que les plans de modification des axes routiers, comme le prolongement de l’Assomption, ne soient pas clairement indiqués dans le document. Il est donc difficile, voire impossible, de comprendre les impacts du projet sans ces données essentielles, estime Patricia Clermont. De même, le document ne fait pas un état réel des nuisances. Notamment, tout ce qui a trait au camionnage n’y est pas consigné. Et malgré des demandes répétées, il n’y a aucune donnée sur la pollution sonore et atmosphérique.  Pourtant, la Direction de la santé publique (DSP) a publié un feuillet à ce sujet qui montre des niveaux de bruit au-delà de 66 décibels dans plusieurs tronçons de l’arrondissement, indique Patricia Clermont. « Dans certains secteurs, le nombre de décibel est aussi élevé qu’autour de l’aéroport de Montréal. »

Bref, Patricia Clermont estime que si l’exercice proposé par l’OCPM est nécessaire, le dialogue avec les citoyens ne doit pas se limiter à cette courte période.  « Ce n’est pas normal qu’après avoir attendu près de deux ans que le processus de consultation se referme tout de suite après. Il faudrait créer un mécanisme réellement transparent, qui nous permette de connaître les différents scénarios qui sont sur la table et qui permettent aux citoyens d’avoir leur mot à dire à plus long terme. » Car il s’agit d’un dossier très important pour l’Est de Montréal, qui devra s’échelonner sur le long terme. Autant que les citoyens aient réellement voix au chapitre, conclut-elle.

En savoir plus

Pôle logistique: beaucoup de répercussions sur Mercier-Est

Kiosques d’information
12 mars 2019 à 16 h
Plaza Antique
6086, Sherbrooke Est

Séance d’information
12 mars 2019 à 19 h
Plaza Antique
6086, Sherbrooke Est

Date limite d’inscription pour présenter une opinion orale ou écrite
18 avril 2019 à 16 h

Séance d’audition des opinions
23 avril 2019 à 19 h
Plaza Antique
6086, Sherbrooke Est

Site de l’OCPM

 

 

 

 

 

http://ocpm.qc.ca/sites/ocpm.qc.ca/files/pdf/P93/3.1_-_assomption-sud_longuepointe_lowres.pdf

 

 

 

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