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Hommage à Nicole Boudreau

Politique
Si elle a été conseillère municipale de 1986 à 1994, Nicole Boudreau a toujours été très impliquée dans Mercier-Est. (photo : Patrick Deschamps)
Si elle a été conseillère municipale de 1986 à 1994, Nicole Boudreau a toujours été très impliquée dans Mercier-Est. (photo : Patrick Deschamps)

La conseillère de Tétreaultville, Suzie Miron, a profité de la première séance du conseil d’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de 2019 pour saluer la mémoire de Nicole Boudreau, une figure marquante du quartier.

Cette ancienne conseillère municipale qui a représenté les électeurs de Longue-Pointe de 1986 à 1994, est décédée le lundi 24 décembre, à l’âge de 76 ans. Une nouvelle qui a ému plusieurs citoyens du quartier, à l’instar de Suzie Miron, qui l’a côtoyée à plusieurs occasions au cours des dernières années. « Il faut souligner l’apport de cette femme qui fait figure de pionnière dans le quartier », a-t-elle déclaré avec émotion. C’est d’ailleurs grâce à ses conseils que cette dernière a décidé de se lancer dans l’arène politique, a rappelé l’élue.

Née à Montréal, Nicole Boudreau avait élu domicile dans Tétreaultville en 1976. Quartier qu’elle habitait toujours lors de son décès. Figure connue dans le milieu communautaire, jusqu’au tout dernier moment, elle a continué à donner du temps à différents organismes, comme le Collectif en environnement Mercier-Est, le SÉSAME ou Solidarité Mercier-Est. « Jusqu’à cet été, avant que la maladie ne la rattrape, on la croisait encore dans plusieurs instances. C’est également l’une des fondatrices du Chez-Nous de Mercier-Est », a rappelé Suzie Miron.

Une implication de longue date

Geneviève Boudreau, l’une de ses deux filles avec qui nous nous sommes entretenus, gardera le souvenir d’une femme qui a beaucoup donné pour sa communauté. « Du plus loin que je me rappelle, ma mère a toujours été impliquée dans le quartier. Quand j’étais petite, elle était bénévole à l’école Saint-François-d’Assise et s’occupait notamment de la bibliothèque, en plus de participer à différents comités. À tel point que je pensais qu’elle travaillait à l’école, parce qu’elle partait avec moi le matin et revenait en même temps que moi le soir », raconte-t-elle.

Un engagement qui n’a pas faibli avec les années. Par exemple, lorsque la Société d’animation de la Promenade Bellerive (SAPB) a lancé un cri du coeur cet automne, Nicole Boudreau n’a pas hésité à appeler ses contacts, dont Scott McKay, pour qu’ils s’y impliquent, raconte-t-elle. « C’était moins d’un mois avant son décès et elle n’a pas hésité à prendre le téléphone. » L’homme politique fait d’ailleurs partie du nouveau conseil d’administration de la SAPB.

Il faut dire que, pendant ses deux mandats comme conseillère politique sous la bannière du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), Nicole Boudreau avait justement travaillé à la création de la Promenade Bellerive, notamment avec Scott McKay. La conseillère a également fait partie des membres fondateurs du CLSC de Mercier-Est. Autre dossier qu’a pris sous son aile l’ancienne élue : l’expropriation des rues Cathy et Bruneau, au sud de la rue Notre-Dame.

Une implication discrète

Rares sont ceux qui s’impliquent dans la vie de Mercier-Est qui n’ont jamais croisé Nicole Boudreau. Mais, même si son engagement aura été marquant dans le quartier, c’était une personne très discrète. « Ma mère a toujours été une femme de terrain, qui se préoccupe des besoins des gens, mais qui ne cherche pas à être flamboyante », explique Geneviève Boudreau. Elle a toujours préféré braquer les projecteurs sur le travail des autres que sur le sien, poursuit-elle.

Toutefois, son parcours est très intéressant, d’autant que l’implication des femmes en politique était rare à cette époque. D’ailleurs, ceux qui s’y intéressent peuvent lire son témoignage, ainsi que celui de douze autres femmes ayant siégé à l’hôtel de Ville de Montréal, dans le livre À l’école du pouvoir. Cet ouvrage, publié aux éditions du Remue-Ménage, propose un échange intéressant entre toutes ces élues.

Nicole Boudreau s’est impliquée très tôt dans le RCM avec son mari, Fernand Boudreau, connu notamment pour son implication comme syndicaliste, raconte aussi Geneviève Boudreau. « Nos parents s’étaient rencontrés au Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et était tous les deux impliqués politiquement. » Un engagement qui s’est ensuite transporté vers Parti québécois (PQ) pour Nicole Boudreau. « Je pense qu’elle nous a montré l’importance de s’impliquer, le fait que nous avons tous un rôle à jouer dans la société », conclut sa fille. Un héritage qui transcende les générations.

 

 

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