Publicité

Transports collectifs: des citoyens dénoncent le manque de fiabilité

Transport
Plusieurs citoyens dénoncent le manque de fiabilité de la 26 et la diminution de fréquence de la 185. (photo archives Pamplemousse.ca)
Plusieurs citoyens dénoncent le manque de fiabilité de la 26 et la diminution de fréquence de la 185. (photo archives Pamplemousse.ca)

Diminution du nombre d’autobus sur le circuit de la 185, autobus qui ne passent carrément pas, retards fréquents : alors que tous les paliers gouvernementaux insistent sur le transport collectif, Mercier-Est serait-il encore le parent pauvre en cette matière ?

« À la suite d’une autre perte de temps, le matin du 7 février, en attendant la 26 Mercier-Est à 7 h 02, seul autobus qui passe dans le Faubourg Contrecœur, qui a passé son tour, j’ai pris la décision de marcher jusqu’à la 141… Dieu merci, j’ai la santé pour le faire », racontait sur Facebook une résidante de Mercier-Est. La dame a dû parcourir les 700 mètres qui la séparaient de l’arrêt de l’autobus Jean-Talon, qui est passé trois fois dans ce laps de temps, pour y embarquer, rapporte-t-elle.

Une situation qui est loin d’être unique, si l’on s’en fie aux multiples commentaires qui se sont accumulés sous son témoignage. « La 26 est l’une des lignes d’autobus les moins fiables de mon expérience personnelle. Il m’est déjà arrivé 2-3 fois d’attendre jusqu’à 1 h 15 à l’arrêt de Radisson (vous savez, quand on a le dilemme de reprendre le métro pour prendre la 141, mais on se dit “je n’ai pas attendu tout ce temps pour rien, la 26 va bien finir par passer… et elle passe 1 h 15 après parce que trois 26 ont manqué à l’appel), sans compter le fait que la dernière 26 passe à 22 h environ ! Même les bus de banlieue passent jusqu’à minuit ! Ça n’a aucun sens, je me suis tannée de faire des plaintes, car les choses ne changent jamais », a ajouté une autre.

Bus souvent en retard, horaires qui se terminent trop tôt en soirée, grand détour dans le quartier avant de se rendre à bon port…. À tel point que plusieurs résidants du Faubourg, situé au nord-est du quartier, ont décidé d’opter pour la voiture, ou marchent les 25 minutes vers le métro, plutôt que de prendre le bus. Mais cette option n’est pas toujours possible pour tout le monde.

Diminution de service sur le circuit 185

Ces personnes ne sont pas les seules à souligner la déficience du service d’autobus, indispensable pour plusieurs résidants qui veulent se rendre au métro Honoré-Baugrand dans certains coins du quartier. Il y a quelques semaines, un lecteur nous a contactés, nous mentionnant que la fréquence de la 185 avait diminué depuis le début de l’année. Un problème pour cette personne et pour ses enfants qui se rendent en transport en commun à l’école. En effet, la ligne 185 permet aux élèves du sud de Mercier-Est de se rendre vers Marguerite-de-la-Jemmerais ou encore Jean-Eudes et Louis-Riel, avec un changement de ligne au métro Langelier.

Vérification faite auprès de la STM, il y a effectivement deux départs en moins à l’heure de pointe le matin en direction ouest. Ainsi, si entre 6 h et 7 h, les départs ont lieu toutes les 15 minutes, ils s’espacent ensuite aux 30 minutes dès 7 h le matin et, pour le reste de la journée. « Entre septembre 2018 et janvier 2019, il y a deux voyages en moins en matinée en direction ouest. Et aucun changement en soirée. Mais les comparables doivent être les mêmes saisons, car ce sont les comportements de la clientèle qui nous aident à dicter notre offre de service », explique la porte-parole de la STM, Amélie Régis. En effet, il faut comparer les horaires sur une même période, par exemple janvier 2018 avec janvier 2019. « Les comportements peuvent changer d’une saison à l’autre, par exemple entre l’été et l’automne », précise-t-elle. Sur cette base, le nombre de départ n’a donc pas diminué sur la ligne 185, dit-elle.

Le service est très souvent déficient sur cette ligne, témoignent aussi d’autres utilisateurs. « J’ai renoncé à l’attendre il y a 4 ans… pas assez fiable. Si je le vois arriver, cela m’arrive d’en profiter, mais c’est un autobus que je n’attends plus. Je préfère les autres lignes, puis le métro. C’est dommage, parce que c’est le seul qui va plus loin que le métro vers l’Est au niveau de Sherbrooke », nous a expliqué l’un d’eux.

Quand fréquence rime avec fréquentation

C’est justement sur la fréquentation que la STM se base pour calculer le nombre de départs sur une ligne, explique Amélie Régis. En effet, les autobus sont maintenant équipés de compteurs qui permettent de calculer la popularité d’un circuit tout au long de la journée. Toutefois, il ne faut pas analyser ligne par ligne pour avoir un portrait juste de la situation, ajoute-t-elle. Car souvent, une diminution sur un circuit est compensée pour une augmentation de la fréquence sur un autre, situé à proximité. Toutefois, il a été impossible de savoir si c’était le cas sur les lignes fréquentant Mercier-Est.

La conseillère de Tétreaultville, Suzie Miron, se dit quant à elle très au fait de la situation, notamment pour la ligne 26. L’élue indique qu’elle a rencontré à maintes reprises la STM pour faire part de cette situation. « Mais, puisqu’il y a eu sous-financement pendant plusieurs années, nous en payons malheureusement le prix présentement. C’est pourquoi que notre premier geste a été de négocier l’achat de 300 autobus. Elles arriveront progressivement en cours d’année et seront déployées sur les lignes désuètes. Donc, j’ai très hâte de vous annoncer l’arrivée des nouveaux bus et sachez qu’on travaille fort pour qu’il y en ait dans notre coin », a-t-elle indiqué sur Facebook.

D’ailleurs, l’arrondissement s’est engagé en 2019 à « augmenter l’offre de transports collectifs et actifs, particulièrement dans Tétreaultville ». Si Suzie Miron estime que le quartier mérite une part des 300 nouveaux autobus hybrides commandés par l’équipe de la mairesse de Montréal Valérie Plante en début de mandat, elle invite les citoyens à faire part de leurs besoins en matière de transport collectif. Elle demande donc aux citoyens de communiquer avec la STM et de participer à la consultation publique à ce sujet, dont les détails sont disponibles sur le site de l’organisme.

 

Vos commentaires
loading...