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Un jeune ambassadeur de Station Vu à Berlin!

Culture
étudiant en arts, lettres et communication au Cégep de Maisonneuve, il s'est envolé à Berlin avec d'autres étudiants de son groupe. (photo tirée de la page Facebook du programme)
Étudiant en arts, lettres et communication au Cégep de Maisonneuve, Zachary Gourd s’est envolé à Berlin avec d’autres jeunes de son groupe. (photo tirée de la page Facebook du programme)

Les ambassadeurs de Station Vu vont loin! Comme Zachary Gourd, qui s’est rendu jusqu’en Allemagne pour assister à la Berlinale 2019! Son compte-rendu.

« Cette année, j’ai eu la chance d’assister à la Berlinale 2019, du 7 au 16 février, dans la capitale allemande. Je suis loin d’avoir tout vu ce qui y était présenté, mais j’ai quand même réussi à voir une quinzaine de films parmi les diverses catégories du festival. Cinq de ces films ont particulièrement retenu mon attention pour leurs qualités ou leur originalité.

D’abord, le documentaire italien Selfie entièrement tourné sur des caméras de téléphone cellulaire est des documentaires que j’ai eu l’occasion de voir le seul à m’avoir vraiment accroché. Le réalisateur a donné des téléphones à quelques jeunes issues d’un ghetto napolitain pour qu’ils documentent eux-mêmes leur quartier marqué par une tragédie, la mort récente d’un adolescent lors d’une altercation avec la police. Les jeunes filment maladroitement leur vie et leur quartier en faisant ressortir quelque chose de vraiment touchant qui permet de comprendre un peu plus la vie au jour le jour dans ce coin mal réputé de la ville italienne. La question de la qualité technique est assez secondaire vis-à-vis de ce film puisqu’il s’agit volontairement d’une série de courtes vidéos amateurs. C’est son originalité et le choix de ses sujets qui en font un film à voir.

Ensuite, avec un sujet un peu similaire, La Paranza de bambini raconte, dans la pure tradition des films de gangsters, la montée d’un gang de jeune dans un autre des quartiers du ghetto de Naples. L’histoire se déroule sur un modèle classique pour le genre ce qui n’empêche pas le film d’être captivant et unique. C’est beaucoup dû à l’attention énorme qui est accordée au personnage principal, le meneur du groupe : un jeune de 15 ans ambitieux qui découvre les rouages du crime, mais aussi la vie en étant à la fois dur et tendre. C’est malheureusement le seul personnage à être vraiment développé, les autres n’existant pas vraiment au-delà de leurs relations avec lui. En dehors du scénario, l’aspect visuel est, sans être exceptionnel, vraiment efficace et tous les acteurs incarnent bien leurs personnages. L’ambiance du film réussit à bien nous faire sentir Naples et le milieu des gangs. Objectivement, le film est assez loin d’être un chef d’œuvre surtout d’un point de vue technique et esthétique, mais ce fut l’un de mes visionnages préférés du festival. C’est aussi sûrement le plus accessible dans cette liste.

Dans un autre registre complètement, Denis Côté habitué du festival présentait cette année dans la compétition principale son nouveau film Répertoire des villes disparues. Un film étrange et captivant qui malgré plusieurs défauts offre quelque chose d’unique. Je me retiens de m’étendre davantage puisqu’il faudrait en faire une critique complète pour lui rendre justice. Ce que je ferais s’il passe, dans sa tournée des salles, à Station Vu. En attendant, je dirais seulement qu’il a déjà commencé à jouer en salle au Québec et qu’il mérite vraiment d’être vu.

Dans un autre registre encore, venu d’Afrique du Sud, Flatland est le film dans cette liste sur lequel mon opinion est la plus incertaine. Le film se développe comme un roadmovie avec une certaine volonté de portée sociale qui présente à l’écran des personnages profondément antipathiques et des scènes assez violentes sans que ce soit complètement justifié. Le scénario est assez absurde par moment, et je suis incapable de dire s’il s’agit d’une mauvaise écriture ou d’une vraie intention créative. Tout cela combiné à une photo simple, mais très forte et un casting sans reproches fait de Flatland une œuvre qui mérite d’être vue au moins pour être discutée après.

Finalement, Monos! S’il y a un film de la Berlinale qui restera dans ma mémoire, c’est bien celui-là. Cette œuvre colombienne m’a tellement touché que je l’ai vue deux fois durant le festival et la deuxième fois le film m’a laissé avec la même envie de le revoir le plus rapidement possible dans la tradition d’œuvres littéraires, comme Heart of Darkness ou Lord of the flies et cinématographiques, comme Apocalypse Now, Monos nous offre un récit philosophique sur la guerre, la communauté, la nature humaine et les limites que l’on est prêt à franchir dans certaines conditions. L’histoire est celle d’un groupe de 8 adolescents guérilleros isolés dans la nature avec un otage occidental qu’ils surveillent au nom d’une organisation inconnue. Le protagoniste du film, plus qu’un personnage précis, est le groupe en soi, pourtant tous les personnages sont crédibles, attachants et complexes. Tout dans Monos est maîtrisé au maximum : la direction photo, le montage et la musique du film créent ensemble une ambiance absorbante qui alterne entre tension soutenue, frénésie et émerveillement passager. Les acteurs du film sont exceptionnellement bons, les relations les unissant étant crédibles d’un bout à l’autre du film. Sofia Buenaventura (Rambo) et Moises Arias (Bigfoot) méritent particulièrement d’être célébrés pour des performances exceptionnelles. Dans son ensemble, le film est selon moi un chef-d’œuvre, et s’il sort en salle au Québec j’encourage tout cinéphile à aller le voir. »

Jeune du millénaire, étudiant au Collège Maisonneuve en Arts, lettres et communication/ profil cinéma, activement impliqué dans l’association étudiante, Zachary est un passionné qui rêve de voyager autour du monde, surtout en Europe et en Amérique latine et éventuellement vivre de son art en tant que réalisateur et écrivain.

Le contenu de cette chronique nous a été fourni par Station Vu qui a lancé cette année son programme d’ambassadeurs. Ainsi, ces derniers prendront la plume pendant la saison 2018-2019 pour partager leur réaction, opinion et expérience à la suite d’une soirée cinéma à Station Vu.

 

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